Dans un de ses plus beaux livres, le Mozambicain Mia Couto revient par la fiction sur les lieux de son enfance et sur la vie de son père. La ville de Beira rend un hommage au poète Diogo Santiago. On est en mars 2019, le cyclone Idai menace la ville et finira par la détruire, ce qui ajoute à l’angoisse diffuse du «cartographe» face à ses souvenirs. Liana, une jeune femme mystérieuse, lui communique peu à peu des documents qui datent de 1973 concernant son père, Adriano Santiago, journaliste et écrivain d’origine portugaise, comme celui de l’auteur. A cette époque, le Portugal mène une guerre féroce contre les mouvements de libération et tous ceux qui leur apportent un soutien. Les cartons contiennent des rapports des fonctionnaires de la PIDE, la police politique portugaise, le journal d’Adriano, des lettres des membres de la famille. Un dispositif narratif complexe met en regard les documents et les souvenirs de Diogo. Les deux temps alternent, des histoires enchâssées s’y glissent, des secrets de famille, des épisodes de ce réalisme magique cher à l’auteur.