Michael Krüger

Histoires de famille

Trad. de Claude Porcell

Seuil, 204 p.

Ecrits d'une plume légère, voici des récits, saynètes et allocutions pleins d'une jolie verve satirique, traduits tôt après leur parution allemande (Aus dem Leben eines Erfolgsschriftstellers Sanssouci, 2000). L'auteur n'hésite pas à y apparaître comme personnage, car il traite des mœurs parfois bien singulières des milieux littéraires. Les rumeurs, anecdotes et clichés divers circulant dans cette «famille» étrange inspirent de spirituels et surprenants morceaux d'anthologie. Avec malice, ils évoquent tour à tour l'avenir du livre et les interminables palabres au sujet du titre et de la dimension de l'œuvre, les prétendues élites qui se préoccupent dans une Foire aux livres de la vie spirituelle de la nation, les manies de l'auteur à succès, la ronde des prix littéraires et des parutions nouvelles, les attentes des lecteurs, l'arrogance des critiques. Il y a dans ces observations et ces aperçus beaucoup de pertinence, et sur le monde qu'ils égratignent, bien des traits qui laissent songeur. Mais Krüger ne fait que passer, et plutôt que de se désoler, prend le parti de l'humour. C'est juste ce qu'il faut pour les moments de détente.