Cinéma

Michel Blanc renoue avec l’esprit acide de Joseph Connolly

Seize ans après «Embrassez qui vous voudrez», l’acteur et réalisateur en propose une suite, qu’il a écrite lui-même à partir des personnages créés par le romancier britannique

Michel Blanc n’avait plus réalisé depuis son quatrième film, Embrassez qui vous voudrez (2002). Pour son retour derrière la caméra, il signe une suite à cette œuvre chorale adaptée de Vacances anglaises, roman de Joseph Connolly publié en 1998. Il y a deux ans, lorsqu’on le rencontrait pour évoquer Un petit boulot, comédie noire de Pascal Chaumeil, il nous confiait en avoir achevé l’écriture, mais qu’il la tournerait uniquement si les comédiens d’Embrassez qui vous voudrez acceptaient de reprendre leur rôle. Au final, ils sont quatre, en plus du réalisateur et acteur, qui apparaît brièvement, à retrouver leur personnage: Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Karin Viard et Jacques Dutronc.

Convaincu par son travail, Connolly a accepté que Michel Blanc invente une suite à son roman. Le Français est resté fidèle à l’esprit acide et cynique du romancier, où tout n’est que mensonges, tromperies, mesquineries et autres coups bas. Mais comme il a dans le même temps de la tendresse pour ses personnages, son film évite de sombrer unilatéralement dans le pessimisme. Si parmi les nouveaux venus qu’il a convoqués, Julien le paranoïaque adultère (Jean-Paul Rouve) s’avère pathétique, Eva (Jeanne Guittet) et Alex (William Lebghil) sont ainsi touchants dans leur manière chaotique d’aborder une parentalité imprévue. Au final, on a néanmoins parfois l’impression de voir un casting de solistes certes brillants, mais pas toujours totalement accordés, comme si chacun jouait pour soi.

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Voyez comme on danse, de Michel Blanc (France, 2018), avec Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Karin Viard, Jean-Paul Rouve, Jacques Dutronc, 1h28.

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