Michel Gaillard. Dictionnaire des dernières paroles. Favre, 304 p.

Ce dictionnaire n'en est pas un puisqu'il n'obéit pas à l'ordre alphabétique, mais chronologique: de la Bible au 11 septembre 2001, il compile les derniers mots prononcés par des saints, des philosophes, des écrivains, des hommes politiques ou des inconnus. Il s'augmente, en vrac, d'une liste de personnalités décédées en état d'épectase (mais sans piper mot), ainsi que des ultimes paroles de condamnés à mort, des six femmes du roi d'Angleterre Henry VIII, de criminels de guerre nazis (parmi lesquels figurent bizarrement les époux Rosenberg, Billie Holiday, Jimi Hendrix, Che Guevara ou Duke Ellington!), enfin de quelques suicidés célèbres, de Didon de Tyr à Marco Pantani. Parmi de nombreuses déclarations édifiantes figurent des perles moins révérencieuses. Ainsi la réponse d'Erasme auquel on demandait quel était son ultime désir: «Un cercueil.» Ou cette confession du dramaturge Lope de Vega: «Bon, puisque c'est comme ça, je peux bien l'avouer: Dante m'a toujours cassé les pieds.» Fidèle à sa réputation, Léautaud s'exclama: «Maintenant, foutez-moi la paix!», tandis que Beaumarchais prit congé fort civilement par un «Bonne nuit tout le monde» et que Ramuz murmura: «Bien, bien, bien…»