Connu pour ses seconds rôles attachants au théâtre comme au cinéma et ancien sociétaire de la Comédie-Française, le comédien français Michel Robin s'est éteint à l'âge de 90 ans après avoir contracté le coronavirus.  

«Cette époque nous éprouve cruellement et nous la haïrons de nous priver soudainement des plus fragiles et des meilleurs d'entre nous», a réagi Eric Ruf, administrateur général du Français. Il a rappelé la «tendresse» et «l'humour dévastateur» du comédien décédé mercredi.

Le comédien au crâne dégarni avait obtenu le Grand prix d'interprétation du festival de Locarno en 1979 pour «Les Petites Fugues» d'Yves Yersin. Il incarnait Pipe, un vieux valet de ferme, qui part à la retraite à la découverte du monde sur son vélomoteur.

Il a incarné plus tard des vieillards à la douceur inquiète, notamment dans «Le fabuleux destin d'Amélie Poulain» et dans «Un long dimanche de fiançailles». En 1990, il a remporté le Molière du meilleur second rôle en 1990 pour «La traversée de l'hiver» de Yasmina Reza.

«Michel a toujours joué les vieux»

«Michel a toujours joué les vieux, très tôt dans sa carrière. Il concédait il y a peu qu'il avait enfin l'âge du rôle et que cela le contrariait», se rappelle Eric Ruf. «Je ne comprends pas pourquoi on me distribue toujours à contre-emploi dans ces rôles de vieux larbins alors que je suis fait pour jouer le Cid!», plaisantait-il en 2003 dans Le Monde.

Elève du cours Dullin, il passe six ans dans la troupe de Roger Planchon au Théâtre National Populaire à Villeurbanne (1958-1964). Le comédien à l'énorme carrière théâtrale, de la fin des années 50 jusqu'en 2014, entre à la Comédie-Française en 1997 et y reste jusqu'en 2010.

Sur petit et grand écran, l'acteur né le 13 novembre 1930 à Reims a été merveilleux dans la version française de «Fraggle Rock» (1983), dans la série «Boulevard du Palais» ou encore dans «La Chèvre» de Francis Veber (1981) où son personnage emploie Gérard Depardieu et Pierre Richard pour retrouver sa fille kidnappée.