Séries sur Croisette

Michelle Dockery, de «Downton Abbey» au western

L’interprète de Lady Mary dans la série aristocratique anglaise a participé à deux séries américaines. Invitée de Canneseries, elle raconte ses expériences par le menu

Cette semaine se tient Canneseries, le premier Festival de Cannes dédié aux feuilletons TV. Chaque jour, nos échos de cet événement qui veut égaler son grand frère cinématographique.

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De Downton Abbey à un western: l’étonnant parcours de Michelle Dockery. Formée dans les écoles dramatiques les plus classiques de Grande Bretagne, elle commence sur les scènes institutionnelles. Elle démarre en TV en 2005, à 24 ans, avec une mini-série, Fingersmith, avant d’être retenue pour le rôle de Lady Mary Crowley, la fille la plus discutée du clan de Downton Abbey. La saga aristocratique et campagnarde a brillé pendant cinq ans ans, elle a donné à ses acteurs principaux une notoriété mondiale.

Les débuts en TV

A Canneseries, où elle reçoit ce samedi soir un prix Variety à titre d’«icône», Michelle Dockery raconte: «Dans Fingersmith, je n’avais absolument aucune idée de ce que je faisais. On vous prend dans une belle voiture, vous demandez au chauffeur ce qui va se passer, il ne peut répondre à aucune question. J’arrive à ma caravane, c'est magnifique. Un jeune homme me demande si je veux mon petit déjeuner, je dis que je m’arrangerai, il me répond: «Non. Je m’en occupe.» C’est son travail, il doit fixer le timing. On m’amène sur le plateau, on me lance «On est contents de te voir ici, dis-nous quand tu es prête», mais je ne savais pas du tout si j’étais prête. J’étais impressionnée par ce plateau, cette équipe d’une centaine de personnes. Mais on entre quand même dans une grande machine...».

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«Downton Abbey», l'art de se prendre de bec

Puis donc, Downton Abbey. «Je me suis filmée pour m’entraîner, j’ai encore les images sur mon ordinateur portable. J’ai signé pour trois ans. Je n’ai pas hésité, ni eu de crainte: c’était évident. Je me rappelle très bien ce jour où le premier épisode a été diffusé, je suis descendue acheter du lait, et on m’a parlé de la série. J’ai compris qu’il se passait quelque chose.»

Echos du château: «Au fil de la première saison, le personnage devient à la fois plus vulnérable et plus complexe. J’aimais les scène d’habillement avec Anna, ce sont les moments où Mary s’ouvre. Entre acteurs, en jouant, nous adorions nous prendre de bec. Il était ennuyeux d’être aimables entre nous. Dans la cinquième saison, quand ma sœur [Edith, incarnée par Laura Carmichael] me traite de «salope», nous avons tous été émus.»

Pour conclure ce chapitre: «Jusqu’ici, la TV britannique excellait dans les adaptations, Jane Austen, Dickens… Downton Abbey a offert une histoire originale, basée sur la mécanique du soap. C’est ce qui lui a donné sa particularité, et sa force.»

Un Bonnie & Clyde bipolaire

Puis Michelle Dockery bifurque. Elle accepte une offre américaine, la voilà tournant dans The Good Behavior en Caroline du Nord. Un road trip agité, où elle porte un protagoniste à personnalités multiples, «des personnages dans le personnage, un défi». Les Etats-Unis? «Les équipes de tournage fonctionnent à peu près de la même façon, mais il y a infiniment plus de nourriture sur le plateau...» sourit-elle. Il y a «une énorme différence» avec le contexte de Downton Abbey, mais elle précise: «Comme beaucoup de gens, J’ai grandi avec la culture de la TV américaine. Me retrouver dans cet environnement de diners, de motels, c’était comme un rêve.»

Puis en reine de la gâchette

Elle a enchaîné sur Godless, un western finalement commandité par Netflix. Elle incarne une héroïne qui ne se retient pas sur la gâchette. Encore une expérience pratique: «On nous explique comment bien marcher dans ce genre-là, et on insiste sur le fait qu’il faut toujours avoir le bras droit libre. Je demandais pourquoi, c’est bizarre d’avoir ce bras qui flotte dans l’air. On m’explique que c’est pour pouvoir prendre le fusil. Mais il pèse une tonne! Je n’avais jamais tiré de ma vie. Il faut apprendre à utiliser un fusil, j’étais terrifiée.»

Godless était d’abord imaginé comme un film. Elle en tire une conclusion: «J’ai lu le scénario du film, j’ai déjà été soufflée. Puis c’est devenu le découpage pour une série en sept parties pour Netflix. En suivant ainsi l’évolution du personnage d’Alice, j’ai pris la mesure de la puissance de la TV aujourd’hui: il y a tant de possibilités de développement, de créativité.»

Ce qui n’empêche rien. Michelle Dockery est en ce moment à l’affiche de The Sense of and Ending (A L'Heure des souvenirs), film de Ritesh Batra d'après Julian Barnes, avec Charlotte Rampling.

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