«Pour cette soirée anniversaire, Claude a choisi d'inviter tous ses amis.» Bienheureux Claude, qui sait la valeur de l'amitié à l'heure de célébrer son anniversaire, se réjouit-on, prêt à laisser l'homme en agréable compagnie. A la différence que l'anniversaire annoncé est celui du Montreux Jazz Festival, que le Claude en question n'est autre que Mr Nobs himself, et que ses amis… Herbie Hancock, John McLaughlin, Richard Bona, Joshuah Redman, Mino Cinelu, tout le gratin du jazz international, se retrouvent lundi sur la scène du Palais des festivals pour un concert en l'honneur des 35 ans de l'institution vaudoise.

Sur la Croisette comme au bord du Léman, un simple prénom suffit donc à évoquer le directeur du festival de jazz. Curieuse connivence entre un public censément étranger au rituel des concerts montreusiens et son instigateur, en proie à l'inévitable starification cannoise. Connaît-on seulement en Suisse les noms (a fortiori les prénoms) des directeurs du festival de jazz de Vienne ou de celui de Newport? Ici pourtant, Claude est en territoire conquis, et la soirée qu'il conduit ressemble à s'y méprendre à celle que ces mêmes musiciens donneront probablement à l'Auditorium Stravinski en juillet prochain. En fermant les yeux, l'on s'imagine aisément au cœur de l'enceinte boisée de la salle montreusienne, assistant à une succession de rencontres musicales impromptues entre habitués du coin. Concept désormais exportable, le Montreux Jazz préfigure peut-être l'avenir des festivals. Alors Daniel, à quand un Paléo sur Mars?

*Cette chronique évoque les coulisses du Marché international de la musique de Cannes (Midem).