L’actuelle crise sanitaire éclaire de façon tragique les limites du système hospitalier dans de nombreux pays. Mexico-City a une longueur d’avance en matière d’impréparation puisque cette ville de 9 millions d’habitants ne dispose que de 50 ambulances publiques. Des privés tentent leur chance sur un marché en expansion. Midnight Family, de Luke Lorentzen, suit la famille Ochoa dans ses maraudes à 100 km/h. Au premier appel, ils mettent les gaz et, toutes sirènes hurlant, tous feux clignotant, foncent à travers le trafic. La première ambulance arrivée décroche le jackpot.

Les Ochoa prodiguent les premiers soins et embarquent la personne accidentée. Rien n’est encore joué: il faut encore trouver un hôpital qui accepte d’accueillir le blessé. Et, en fin de compte, il faut se faire payer… Certains n’ont pas un sou; d’autres, à qui l’on vient peut-être de sauver la vie, refusent de sortir leur porte-monnaie. Les ambulanciers sont presque gênés de réclamer leur dû. Ils ragent d’avoir gaspillé du sérum et des pansements, d’avoir un véhicule à nettoyer. Quand ils touchent quelques centavos, ils se paient des tacos à valeur lipidique ajoutée. Ils dorment dans la rue, à même le trottoir. Un plan navrant a valeur métaphorique: faute de carburant, les ambulanciers poussent leur véhicule jusqu’à la station essence…