«Au cœur d’un foyer d’accueil, une bande d’adolescentes retrouvent une nouvelle famille, une communauté́ qu’elles n’ont jamais connue auparavant. La directrice, Lora, est toujours là pour elles, ou bien vice versa? Mais est-ce que la mif («la famille») est capable de protéger ces jeunes femmes de leurs démons?» Voici pour le synopsis officiel de La Mif, un long métrage du Genevois Fred Baillif oscillant entre fiction et réalité, et dévoilé en février dernier dans le cadre de la Berlinale, où il a remporté le Grand Prix dans la catégorie Generation 14Plus.

En novembre, en attendant sa sortie dans les salles romandes en mars prochain, le film a connu sa première suisse dans le cadre du GIFF (Geneva International Film Festival). L’occasion pour des élèves du secondaire I et II de suivre un atelier d’initiation à la critique, organisé en collaboration avec Le Temps. Nous reproduisons ici les trois meilleurs textes, sélectionnés par Manon Weber, chargée des programmes pédagogiques au GIFF, et Stéphane Gobbo, chef de la rubrique Culture du Temps.


«Le scénario transmet beaucoup d’émotions par le biais de l’histoire qu’il raconte et des réactions des acteurs»

A l’intérieur d’un foyer, un événement bouleverse le quotidien de sept jeunes filles et de la directrice de l’établissement. Une des jeunes pensionnaires du foyer, Audrey, qui a alors 17 ans, a une relation sexuelle avec Charles qui a 14 ans, ce qui est un problème, car la jeune fille a atteint sa majorité sexuelle mais pas le jeune garçon. Ce film plutôt sombre suit l’histoire de ces adolescentes, traite leurs histoires l’une après l’autre dans un récit où les différents protagonistes se considèrent comme une famille. L’événement en question provoque des changements à l’intérieur du foyer: il devient un établissement exclusivement réservé aux filles et les éducateurs ne doivent pas ébruiter la nouvelle et doivent empêcher ce genre d’événement de se reproduire pour ne pas «salir» la réputation de l’association.

Le scénario accroche le spectateur, il transmet beaucoup d’émotions par le biais de l’histoire qu’il raconte et des réactions des acteurs. Les acteurs ne sont pas des acteurs professionnels. Durant l’intégralité du film, ils improvisent en suivant une «autoroute», c’est-à-dire que les acteurs reçoivent chacun une indication secrète telles des actions ou des émotions à exprimer. Ce film réalisé par Fred Baillif est séparé en plusieurs chapitres qui traitent chacun leur tour l’histoire d’un protagoniste différent. Nous avons rencontré deux des protagonistes du film ainsi que le réalisateur qui nous ont donné des informations concernant le tournage. Les acteurs sont inexpérimentés, mais arrivent à nous transmettre des émotions fortes. Certaines sont répétées afin qu’on puisse comprendre les points de vue des différents personnages mais à certaine reprise les scènes sont trop utilisées. A certains moments du film, entre deux dialogues ou deux scènes, il y a de longs moments où il n’y a pas de parole. Par moments, la musique passait par-dessus la voix des personnages. Dans l’ensemble, c’est un très bon film qui tient le spectateur accroché à l’écran.

Madox Beck & Ly-Lan Tran-Ngoc


«La musique apporte beaucoup au film, dans les moments tristes comme dans les moments drôles»

Suicide, sexe, cigarettes, problèmes familiaux… Dans ce film de Fred Baillif, sept adolescentes en foyer expliquent leurs problèmes. La Mif est un film genevois aux décors genevois montrant la vie en foyer avec des actrices ayant vécu/travaillé en foyer. Audrey, une enfant rebelle de 17 ans, couche avec un autre garçon du foyer de 14 ans, ce qui pose problème. Après ça, le foyer devient un foyer pour jeunes filles.

C’est une fiction inspirée d’histoires vraies. Le fait qu’il n’y ait que des filles, peut poser problème, certaines personnes vont aimer voir leurs vies, leurs problèmes, d’autres auraient préféré voir des garçons. On apprend au fil du film pourquoi chaque adolescente est en foyer et comme le récit n’est pas chronologique, il y a des flash-back, des scènes revues plusieurs fois qui ajoutent du suspense. Le film est divisé en «chapitres», et dans le dernier «chapitre», on suit Lora, la directrice du foyer, et les petits «chapitres» s’assemblent pour fabriquer ce grand «chapitre». Cette façon de monter le film est très agréable à regarder. Tout le long, on se pose des questions sur les histoires, les passés et les futurs des personnages. Le film a remporté le Grand Prix du jury international dans la compétition Génération 14Plus lors de la Berlinale 2021. Il a aussi été primé au Zurich Film Festival. Ces prix sont largement mérités. La prestation des acteurs est très bien. Le cadrage peut ne pas convenir à tout le monde, car il y a pas mal de zooms sur les têtes. La musique apporte beaucoup au film, dans les moments tristes comme dans les moments drôles. Le film a des moments de comédie, de suspense, des moments dramatiques et tout ça entre la fiction et le documentaire.

Simon Châtelain & Hermon Meles


«Le film nous a permis d’apprendre comment se passe la vie au foyer sous différents points de vue»

Sexualité, sentiments, amitié et colère font partie du quotidien des jeunes filles du foyer. En découvrant le film, nous avons trouvé qu’il était intéressant: par son originalité, par la complexité du problème, par l’improvisation des personnages et la précision du long métrage. Le fait que chaque chapitre raconte la vie d’une personne dans le foyer est unique. Nous avons aussi trouvé bien le fait que les trois quarts du film étaient spontanés. La Mif nous a permis d’apprendre comment se passe la vie au foyer sous différents points de vue, comme: la directrice, les jeunes filles et les animateurs.

Cela nous fait prendre conscience que la vie de ces adolescentes et des foyers en général n’est pas facile. L’histoire de Charlie Areddy, jeune fille qui incarne le personnage de Justine, nous a particulièrement touchées. Claudia Grob, qui joue la directrice du foyer (Lora), a incroyablement bien joué pour une première fois sous les caméras. Le fait que Claudia Grob avait été directrice d’un foyer, rendait le jeu plus réaliste. Parfois les musiques du film ne correspondaient pas à la situation: Un moment triste, une musique joyeuse. Lora, directrice du foyer, doit, à l’aide de ses collègues, faire de cet endroit, une maison sécurisée pour ces filles en difficulté. Le changement brutal d’un foyer mixte à un foyer pour filles, suite à l’ampleur qu’a pris un événement. Nous allons donc découvrir les histoires émouvantes de chaque personnage.

Afret, Clémence & Maelys


Toutes les critiques réalisées dans le cadre de cet atelier sont disponibles sur le site du GIFF.