C’est dans son salon, éclairé d’une large baie vitrée et parsemé de jeux d’enfants, que l’écrivain russe Mikhaïl Chichkine nous reçoit. Il habite en Suisse depuis plus de vingt ans mais a désormais quitté la ville de Zurich pour un village de campagne, quelque part entre Bienne et Bâle. Si le hasard des rencontres l’a mené en nos contrées, il y voit désormais, comme dans toute chose, la marque du destin.

Le Manteau à martingale, que publient les Editions Noir sur Blanc dans la traduction aussi juste qu’élégante de Maud Mabillard, n’est pas pour autant placé sous le sceau de la fatalité. Dans cette collection de textes hétéroclites, Chichkine revient sur son passé, panse quelques blessures, rêve des rencontres imaginaires, commente la vie et l’œuvre d’autres écrivains, se penche sur les différences culturelles entre la Suisse et la Russie, dévoile la force salutaire de l’art.