pop

Miles Kane, l’autre prince d’Angleterre

L’ancien des Rascals et moitié Last Shadow Puppets part en solo, en couronné de la britpop

Genre: pop
Qui ? Miles Kane
Titre: Color of the Trap
Chez qui ? (Columbia/Sony Music)

Vingt-cinq ans seulement et déjà trois vies à raconter. Miles Kane va très vite et fait aujourd’hui les choses que s’autorisent les grands. Il s’est d’abord amusé dans la cour de récréation que formaient les Rascals, trio d’allure honorable, entré pour une seule et unique fois dans les annales du rock indépendant grâce au rafraîchissant Rascalize (2008). Sans doute à l’étroit, la voix du groupe a fini par enterrer cette histoire pour passer à des aventures plus sérieuses. Et c’est un choix qu’on ne cessera de bénir, tout d’abord parce qu’il y a eu depuis la parenthèse heureuse de Last Shadow Puppets, projet monté avec le complice Alex Turner, des Artic Monkeys, et qui a donné vie à un album monumental de pop symphonique.

La suite? C’est Color of the Trap, première œuvre en solitaire, qui ne laisse plus de doute quant à l’étendue du savoir-faire de ce mélodiste prodigieux. Entouré aux arrangements et à la production par les solides parrains que sont Gruff Rhys (Super Furry Animals) et Dan Carey (Hot Chip, Franz Ferdinand), l’homme de Liverpool aligne ici les fondamentaux d’une esthétique posée par les tutélaires Beatles et portée par d’autres figures qui se laissent deviner avec discrétion (Lee Hazelwood notamment). De ces douze morceaux, on ne retiendra qu’un trait, le plus important quand on opère dans le rayon pop: l’immédiateté quasi constante qui se dégage de chaque chanson. Elle enveloppe d’entrée avec les impeccables «Come Closer» et «Rearrange». Et elle génère partout ailleurs un tourbillon auquel on ne résiste pas.

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