Spectacle

Le milieu des arts bien fouetté à Genève

La scène culturelle est une cage aux fauves où pullulent jalousie et cruauté. C’est ce que suggère Rebekka Kricheldorf dans «Fräulein Agnès», comédie au vitriol qui revigore au Poche

Vous ne voudriez pas tenir le micro à sa place. Ces jours, sur la scène du Poche à Genève, l’excellent Aurélien Gschwind, alias Orlando, chante comme quand on a 20 ans, avec l’espoir d’être Stromae, Kurt Cobain ou Mika. Il a un petit timbre de voix et sa mère, Fräulein Agnès, est une papesse de la critique, ce qui peut aider. Il achève à peine, le cœur déjà patraque dans l’attente du verdict maternel. Dans le rôle de l’arbitre des élégances, Léa Pohlhammer rince le fiston.

On admire alors le tempérament de la comédienne, sa folie tempérée à merci au service de Fräulein Agnès, charge, sabre au clair, de l’Allemande Rebekka Kricheldorf qui avait marqué ici même il y a quatre ans avec Villa Dolorosa. L’autrice possède ses classiques. Après avoir dépoté Les Trois Sœurs de Tchekhov transplanté dans Villa Dolorosa, elle s’est penchée sur l’Alceste de Molière, cet intègre qui dit non aux compromissions, balaie les flatteurs d’un revers de la manche, prône la franchise en toute chose, quitte à casser du mirliton.