Lundi dernier, suite à une rencontre avec Alain Berset, la Taskforce Culture, structure regroupant des entreprises et associations d’acteurs et actrices culturels, insistait dans un communiqué sur «l’importance de mettre en place des indemnisations aussi complètes que possible». Tout en plaidant pour une coopération accrue entre le gouvernement fédéral, les autorités cantonales et le secteur culturel, dans le but de réfléchir de manière coordonnée aux perspectives futures, en particulier lorsqu’une réouverture des lieux de culture sera à l’agenda: «Outre l’amélioration des mesures de soutien, il faut mettre en place des conditions-cadres appropriées pour un nouveau départ planifié et coordonné.»

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De côté des aides financières, de nombreux acteurs culturels craignaient en fin d’année que les soutiens accordés durant la fermeture printanière, et en partie destinés à la relance, ne soient finalement utilisés pour pallier la deuxième période de portes closes. Soulagement, le Conseil fédéral a décidé de demander au parlement que les milieux culturels reçoivent des indemnités rétroactives pour les pertes financières à partir du 1er novembre 2020. Les demandes devraient pouvoir être déposées «dès que les cantons, qui sont compétents en la matière, se seront dotés des bases légales nécessaires».

Peut mieux faire

Mais plutôt qu’un grand ouf de satisfaction, les milieux concernés lâchent un petit soupir de contentement, car la route est encore longue. Pour Anne Papilloud, «l’extension des cas de rigueur aux personnes physiques est une bonne nouvelle, tant la situation sur le terrain est catastrophique». Mais pour la secrétaire générale du Syndicat suisse romand du spectacle (SSRS), il faudrait tenir compte du fait que lors de la rencontre du début de semaine, Alain Berset a admis qu’une réouverture semble impossible pour le mois de mars.


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«On sait que la crise sera encore de moyenne à longue, il faudrait donc tendre vers le modèle allemand, ou zurichois pour rester en Suisse, qui propose des indemnités forfaitaires. Ce qui a été annoncé est bien, mais on peut encore faire mieux», estime Anne Papilloud, qui voit également d’un bon œil l’extension du délai cadre de l’assurance chômage, qui profitera notamment aux intermittents du spectacle. «C’est une bonne nouvelle, mais on sait que trois mois, ça ne sera pas suffisant lorsqu’on voit que d’autres pays parlent déjà d’une année blanche.»