A partir du moment où la voix de Cees Nooteboom nous parvient, on sait qu’elle ne nous lâchera pas. L’écrivain hollandais, célébré dans le monde entier pour ses romans, ses nouvelles, sa poésie, ses carnets de voyage, ses reportages, ses essais sur la photographie et la peinture, promène depuis les années 1950, un regard étonné sur la réalité et les pouvoirs de la mémoire. Existe-t-elle seulement cette réalité? Toute vie n’était-elle pas plurielle, constituée de plusieurs couches labiles où la fiction se mêle aux souvenirs?

Le philosophe allemand Rüdiger Safranski est tombé en amitié pour l’oeuvre protéiforme de Cees Nooteboom. Il signe une très belle anthologie thématique des oeuvres de son ami écrivain, intitulée «J’avais mille vies et je n’en ai pris qu’une». En douze chapitres, (Fulgurances, Portraits et caractères, Pourquoi voyager?, Temps et heures, etc.) sont regroupés des extraits de romans, de chroniques, des poèmes, etc. Sensible promenade à travers toute l’oeuvre, le recueil est une invitation à la lecture.

Au même moment, paraît un recueil de poèmes de Cees Nooteboom, chez Actes Sud également. La poésie, si importante dans le parcours de l’auteur, était restée inédite jusqu’ici en français. Le Visage de l’oeil réunit des poèmes écrits entre 1956 et 2012, dans une traduction remarquable de Philippe Noble. Et c’est un feu d’artifice saisissant que de parcourir, là encore, soixante années de fulgurances et de retrouver, en condensé, tout un univers d’images et d’émotions.

Anthologie

Cees Nooteboom, «J’avais mille vies et je n’en ai pris qu’une», textes choisis et présentés par Rüdiger Safranski, traduits de l’allemand et du néerlandais par Philippe Noble, Actes Sud, 266 p.

Poésie

Le Visage de l’oeil, poèmes traduits du néerlandais par Philippe Noble, Actes Sud, 342 p.