Spirou à l’opéra. Avec son visage poupin, sa vivacité étonnée, Milo Rau détonne sous les lustres dégoulinants du Grand Théâtre. Mais il aime ça aussi, on le jurerait, cet or et ces miroirs dignes du roi Soleil, lui qui a souvent arpenté des crêtes hostiles, en Syrie ou en Irak, pour les besoins d’un spectacle.

Comme Spirou, l’artiste bernois, 43 ans, est tout terrain. Il témoigne de nos barbaries, de crimes odieux en Belgique, de l’absurdité meurtrière de la guerre au Congo, de la détresse de ces Africains qui embarquent sur des rafiots dans l’espoir d’un eldorado de l’autre côté de la Méditerranée.