Né en 1950, aujourd’hui installé dans le Connecticut, Wally Lamb a déjà publié quatre romans, à forte teneur sociologique. «Le chagrin et la grâce», par exemple, où il s’inspire de la tragique fusillade qui, en avril 1999, a coûté la vie à douze élèves du lycée de Columbine, dans le Colorado. Avec «Felix Funicello et le miracle des nichons», Wally Lamb change totalement de registre pour signer une comédie espiègle, légère, drôle, en partie autobiographique, sorte de remake du «Petit Nicolas» dans l’Amérique provinciale des sixties, à l’époque de Lyndon Johnson et de Cassius Clay.

Felix Funicello, alias Wally Lamb, a tout juste 10 ans. Avec sa famille d’origine italienne, il habite le Connecticut et raconte sa dernière année de primaire dans une école catholique, Saint-Louis-de-Gonzague. Alors que sa mère est très occupée à préparer un concours culinaire télévisé, Felix, lui, en profite pour semer la zizanie. Et pour chahuter, à grand renfort de chauve-souris, sœur Dymphna, sa maîtresse psychorigide qui ne tardera pas à craquer. D’emblée, l’auteur du «Chant de Dolorès» nous régale en mettant en scène Felix et ses copains, de bons petits diables croqués d’une plume pagnolesque, de même que la détestable Rosalie, la lèche-bottes de service.

Québécoise torride

Le second acte commence lorsqu’arrive à l’école la remplaçante de sœur Dymphna, Mademoiselle Marguerite, une torride Québécoise parfumée à l’eau de muguet, vêtue d’une jupe très fendue et d’un pull assez moulant pour éveiller, chez Felix, une curiosité de moins en moins innocente. Ses premiers émois sexuels, il les vivra ensuite en présence d’une immigrée venue «d’Onion serviétique», Zhenya, qui débarque un jour à Saint-Louis-de-Gonzague avec trois ans de plus que les autres filles de la classe, ce qui lui donne «une avance considérable en matière de nénés», de quoi devenir un très efficace «aspirateur à garçons».

Pour écrire ce roman d’apprentissage pas toujours très sage, Wally Lamb a puisé dans ses souvenirs, un revival nostalgique qui lui permet aussi d’évoquer l’Amérique insouciante de cette époque-là. Sous l’œil d’un jeune potache en marche vers l’adolescence, quand il finira enfin par découvrir «la différence entre le french kiss et le baiser normal».


Wally Lamb, Felix Funicello et le miracle des nichons, Trad de l’anglais par Catherine Gibert, Belfond, 250 p.