Les Bakkhantes n'ont pas encore ouvert le bal qu'elles sont déjà invitées par quatre théâtres, à Bienne, Annecy, Le Mans et Draguignan. Mieux: les représentations du Forum de Meyrin accueilleront par dizaines les directeurs de salles étrangers. Quant à Noces de sang, la précédente production du Teatro Malandro, elle a été jouée près de 120 fois, en France, au Canada et au Japon, notamment (rares sont les spectacles indépendants présentés plus de trente fois en Suisse). La troupe sera d'ailleurs de nouveau au Japon, à la fin du mois d'avril, pour une dizaine de représentations.

Mais comment expliquer cette vague Malandro, avec entre autres ce mois «sublime» (dixit Porras) passé au Théâtre de la Ville à Paris, scène fréquentée par la chorégraphe Pina Bausch? Il y a d'abord l'originalité forte des créations de Malandro. Il y a ensuite le talent commercial de Porras, qui se définit volontiers comme un trafiquant de spectacles. Lorsqu'il monte Ubu Roi dans un squat genevois en 1991, le Colombien, alors inconnu à Genève, invite toute la profession. Lorsque sa version de La Visite de la vieille dame est invitée à des festivals français, il multiplie les contacts. Autre facteur déterminant: la présence rare en Suisse d'un producteur exclusivement attaché à la troupe. Didier Charmerlot, 35 ans, qui a fait des études commerciales, est chargé de vendre les productions maison. Il bénéficie de l'appui précieux du Théâtre de Vidy à Lausanne, qui fournit depuis 1998 un bureau et surtout ses calepins. A. Df