Cinéma

Mise au vert dans «Tout est possible»

Un couple californien crée une ferme écologique de rêve

Si leur chien n’avait pas passé ses journées à aboyer, le documentariste John Chester et sa femme Molly n’auraient pas été expulsés de leur appartement en ville et n’auraient pas acheté 350 hectares de terrain à Moorpark, Californie, afin d’y créer une ferme belle comme les fermes des livres pour enfants.

La terre est morte, épuisée par des années d’exploitation intensive. Assisté par un agronome inspiré, le couple s’ingénie à faire refleurir ce désert. Il creuse un étang, acquiert moutons, vaches, truie portant 17 petits, couvées. Il plante 75 espèces d’arbres fruitiers. Le miracle a lieu, la vie redémarre car Tout est possible, ainsi que le souligne le titre français de The Biggest Little Farm, qui documente les huit premières années de cette exploitation durable. Les Chester découvrent avec un émerveillement légitime l’équilibre naturel. Certes les coyotes sont friands de poulets, mais ils empêchent les gauphres à poche de proliférer et miner le terrain. Les escargots attaquent par dizaines de milliers les arbres fruitiers. Au lieu de la guerre chimique, on lâche les canards dans le verger: les palmipèdes se gobergent de gastéropodes et en prime leurs déjections fertilisent le sol.

Tout est possible raffermit l’émerveillement que suscite la nature et la nécessité de renouer un lien non violent avec la Terre. Sinon un rien de sentimentalisme (scènes de la vie familiale), quelques commentaires naïfs et procédés de montage malhonnêtes (fausse alerte à l’incendie en flash-forward, champs/contrechamps frelatés de la proie et du prédateur) affaiblissent la démonstration.


Tout est possible (The Biggest Little Farm), de John Chester (Etats-Unis, 2018), 1h32.

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