Le Théâtre de Beaulieu à Lausanne avait des airs de West End londonien mercredi soir pour la répétition générale de la comédie musicale tirée du roman de Victor Hugo Les Misérables. Le public, venu nombreux redécouvrir les aventures de Jean Valjean, a accueilli très chaleureusement cette dernière répétition avant la première représentation ce vendredi.

Il faut dire que l’enjeu est de taille: un budget de 3 millions, une importante campagne de communication, 33 acteurs-chanteurs professionnels suisses et étrangers, accompagnés par un orchestre de 40 musiciens issus de la Haute Ecole de musique du Conservatoire de Lausanne et dirigés par Hervé Klopfenstein. Cette superproduction «100% suisse», mise en scène par Gérard Demierre, est une première en Suisse romande et ambitionne d’être le spectacle événement de la rentrée.

Les Misérables, c’est avant tout une «success story». La plus célèbre des comédies musicales est devenue une marque. Créé à Paris en 1980 dans une mise en scène de Robert Hossein, le spectacle s’est, depuis 1985, imposé outre-Manche comme un succès populaire sans précédent.

Adapté de la version anglaise, le spectacle lausannois est au­jour­d’hui la première création des Misérables en français depuis 1991. Sur scène, le résultat est à la hauteur de ces ambitions même si on retrouve les inévitables tics du genre. Malgré un parti pris de sobriété dans la mise en scène et les décors, le style des comédiens n’évite pas les écueils de ce type de spectacle. Les voix sont poussées jusqu’à l’excès, dans des trémolos qui relèvent parfois plus de la performance au «micro-casque» que de l’émotion scénique. Pas de surprise ni d’aspérités dans cette machinerie bien huilée. Les textes et l’interprétation très «premier degré» ne laissent aucune place à l’ambiguïté. On n’est visiblement pas là pour jouer avec les codes du genre.

Mais, malgré l’impression de déjà-vu, le charme de cette formule très «entertainment» ne s’est pas tari. Le célèbre thème du spectacle notamment, repris il y a peu par Susan Boyle, l’une des finalistes de l’équivalent britannique de La Nouvelle Star, est un tube mondial emblématique de la «marque» des Misérables. Au cours des 3h30 de représentation (entracte compris), le spectateur est entraîné par une narration simple mais efficace. Pas de temps mort. Pour le plus grand plaisir de la salle qui applaudit chaleureusement. Un signe très positif pour les organisateurs, qui espèrent attirer au moins 20 000 spectateurs.

Les Misérables, Lausanne, Théâtre de Beaulieu, jusqu’au 3 oct. 3h30. (Ticketcorner: 0900 800 800; www.ticketcorner.com)