Après avoir décroché la lune dans le premier volet et combattu des mutants violets dans le second, revoilà Gru, toujours aussi grand, moche… mais la bague au doigt et foncièrement heureux. Avec la rousse Lucy, il traque désormais les bandits au sein de l’Agency Vigilance de Lynx (AVL) et élève ses trois filles, Margo, Edith et la trépignante Agnès. Une vie de famille presque normale en somme, s’il n’y avait, dans la maisonnée, l’éternelle horde de Minions prête aux plus turbulentes frasques.

Un frère jumeau

Le quotidien de la joyeuse équipe se voit pourtant bouleversé quand Gru, incapable de neutraliser Balthazar Bratt, ancienne star de télé des années 1980 aux ambitions de domination mondiale, est froidement renvoyé par l’AVL. C’est alors qu’il se découvre un frère jumeau, Dru, crâne moins chauve mais même nez crochu, élevé par le père que Gru n’a jamais connu. Ensemble, ils se lancent à la poursuite de Bratt, qui a subtilisé un énorme diamant rose…

Sept ans après le succès du premier Moi, Moche et Méchant, la série de films d’animation remet le couvert avec un troisième opus en 3D qui tire, sans surprises, les mêmes ficelles que les précédents: un géant maladroit mais attachant, des cascades trépidantes, une dose de bons sentiments et des gags incessants. 

Epaulettes et coupe mulet

Si on avait pu souffrir d’une indigestion de Minions après le film peu inspirant qui leur avait été consacré en 2015, qu’on se rassure: les petits bonshommes jaunes se font ici un peu plus discrets. Si l’on sourit toujours de leurs étranges babillements, on se délecte surtout des apparitions de Balthazar Bratt, méchant pas effrayant pour un sou mais délicieusement ridicule en combinaison mauve, épaulettes et coupe mulet. Un concentré de mauvais goût à la sauce 1980 qui fait un «moonwalk» sur l’eau, se dandine sur 99 Luftballons, joue des riffs de guitare décoiffants et lance des Rubik’s cubes explosifs. On ne s’en lasse pas.

Reste que le film veut trop en faire. On assiste à une heure et demie d’un méli-mélo de scénarios, qui se succèdent sans être vraiment aboutis: Gru déprimant après son licenciement, Agnès recherchant licorne désespérément, la désertion des Minions qui souhaiteraient voir leur maître renfiler son costume de superméchant ou encore les efforts de Lucy pour être une bonne mère. Inévitablement, les thèmes plus émotionnels liés au nouveau personnage de Dru, tels que la rivalité entre les deux frères et l’acceptation de leurs différences, ne sont que trop rapidement effleurés. Dommage.