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Quand le monde onirique d’Agualusa vient au secours du réel

Dans un pays blessé par la guerre civile, les rêves peuvent aider à vivre, ce que tente ce roman satirique, sentimental et généreux de l’auteur angolais

José Eduardo Agualusa est un écrivain angolais qui, comme son ami le Mozambicain Mia Couto, atténue le discours politique en l’enveloppant dans les ornements du «réalisme magique» latino-américain. La mémoire et l’oubli, les fantômes du passé, les blessures de la guerre civile – qui a déchiré le pays après l’indépendance entre 1975 et 1991 – sont des thèmes récurrents dans son œuvre.

Daniel Benchimol, le premier des «rêveurs involontaires», est né en 1960, dans le nord du pays, comme l’auteur; ils avaient 15 ans à l’indépendance, ils ont grandi dans un pays en guerre; comme lui, c’est un journaliste engagé, un alter ego, donc. Benchimol a perdu ses emplois, au pays et à Lisbonne, sur l’ordre de son puissant beau-père, proche du pouvoir. Du coup, son mariage aussi s’est fracassé.