La mondialisation bouleverse-t-elle vraiment les anciennes hiérarchies? Ou, au contraire, est-elle en train de réactiver les clivages entre les classes: la question est aussi passionnante que complexe, et le livre d’Anne-Catherine Wagner, dense mais accessible, offre des pistes intéressantes pour mieux comprendre les enjeux sociologiques qui se dessinent.

Prendre en compte la dimension internationale de la stratification sociale, ce n’est pas nouveau, comme le dit d’emblée l’autrice, sociologue et maître de conférences à l’Université Paris I, dans La Mondialisation des classes sociales. Mais il faut aujourd’hui réfléchir à la définition d’une classe dominante, compliquée à cerner à cause de son anonymat: des figures d’actionnaires internationaux qui représentent des fonds de pension, ou des analystes financiers qui semblent bien loin de l’image traditionnelle du capitaliste «local» ou «national».