En russe, monstre se dit ourod. Il existe d’autres mots – monstr, tchoudovichtche, divo – mais ourod caractérise «un individu marqué par une malformation importante», et aussi «un être particulièrement laid». C’est ce qui intéresse Annick Morard, «le corps monstrueux, dans sa dimension physiologique et organique». Elle guette «les chairs débordantes et extraordinaires, les déformations effroyables et effarantes, les membres surnuméraires et les parties sectionnées, les mutilations et blessures horrifiques, les hybridations interspécifiques et les naissances inexplicables, les métamorphoses ubuesques et les devenirs affolants».