Woodstock Forever (1/5)

A Monterey en 1967, le premier grand open air de l'histoire du rock 

Deux ans avant le Festival de Woodstock, au cœur du Summer of Love qui a fait de San Francisco la capitale hippie, le Monterey Pop Festival révélait Janis Joplin et s'imposait comme le premier grand open air de l'histoire du rock

Cette semaine, à l’occasion du cinquantenaire de Woodstock, «Le Temps» fait revivre le festival légendaire qui a changé l'histoire de la musique.

Le rock’n’roll a officiellement moins de 20 ans lorsque, le samedi 17 juin 1967, une comète du nom de Janis Joplin électrise les spectateurs du Monterey International Pop Music Festival, à San Francisco. La jeune Texane avait officiellement intégré Big Brother and the Holding Company l’année précédente, mais malgré quelques concerts à l’Avalon, fameux club alternatif de la ville dans lequel Grateful Dead jouera vingt-neuf fois entre 1966 et 1969, personne ne la connaît véritablement. Dès lors, personne ne l’attend. Et voilà que soudainement, en cet après-midi du 17 juin 67, Janis prend littéralement feu, fusionne rock urbain et blues du bayou lors d’une performance – six titres dont l’incandescent Ball and Chain en guise de feu d’artifice final – qui laisse le public exsangue.

Décédé le 1er août dernier, le cinéaste D. A. Pennebaker était ce jour-là au Monterey County Fairgrounds, le terrain qui accueillait le festival. Une année après avoir réalisé Dont Look Back, précieux document sur une tournée anglaise du barde Dylan, il avait décidé de filmer ces trois jours de célébration qui allaient marquer la quintessence du Summer of Love et devenir un des moments phares du mouvement hippie – quelque 100 000 personnes allaient en cet été 67 converger vers le quartier emblématique de Haight-Ashbury. Las, le manager de Big Brother, qui en fervent défenseur de la contre-culture se méfiait de la dimension mercantile tant du festival que de ce projet de film, refusera que la performance de ses protégés soit captée.