Le Montreux Comedy Festival a cette particularité de pouvoir être suivi loin à la ronde. Lundi soir, le gala de clôture de sa 27e édition a été diffusé par France 4, où il a attiré 722’000 téléspectateurs, tandis que sur RTS 2, ils étaient 23’000 à suivre cette cinquième et ultime soirée, contre 33’000 pour le gala d’ouverture. Pionnière en matière d’utilisation des réseaux sociaux, la manifestation a en outre été largement commentée et suivie sur Facebook, Twitter et Instagram, renforçant ainsi son statut de communauté européenne no 1 en matière d’humour francophone. Le tout nouveau Web Studio, qui a accueilli plusieurs événements diffusés en direct via Facebook, a lui aussi connu un joli succès. Permettre aux spectateurs d’assister à la création de contenu numérique était une volonté de Grégoire Furrer, directeur et fondateur du festival. Pari réussi, grâce notamment à la présence remarquée des collectifs Lolywood et Carac Attack.

L’Auditorium Stravinski a de son côté accueilli quatre grands galas francophones et un anglophone, qui ont vu défiler quelque 80 artistes. Avec un taux de remplissage avoisinant les 100%, les soirées francophones ont été largement plébiscitées. A l’image du gala de clôture, «On va rire de tout», parfaitement animé par les excellents Mathieu Madénian et Thomas VDB. Alors que son intitulé aurait pu laisser présager d’un jusqu’au-boutisme radical, d’une volonté de repousser au maximum les limites du bon goût, la soirée aura au contraire été parfaitement équilibrée, entre les tours de magie du clownesque Eric Antoine, l’humour plus politique de Kevin Razy ou la décapante performance musicale de Constance & Marie Reno, détournant frontalement les codes du rap masculin pour en dénoncer la misogynie larvée.

La révélation Provenzano

Très attendu, le plateau «Génération stand-up», placé vendredi sous la houlette de Thomas Wiesel, aura été plus inégal. Rien à dire sur le Lausannois, qui pour la première fois tenait le rôle de maître de cérémonie. Une belle occasion pour lui de montrer que sa collection de t-shirts est grande, mais surtout de prouver que son talent est grand, principalement lorsqu’il s’empare de l’actualité et se fait autant éditorialiste qu’humoriste. Pour sa première grande scène, son pote Yoann Provenzano, jusque-là essentiellement connu pour ses capsules vidéo qui le voient se glisser dans la peau de personnages divers et joliment jouer avec les accents, a parfaitement joué son rôle de révélation de la soirée. Bons moments également avec Navo et Jason Brokerss, tandis que Mike Ward nous aura assommé avec un sketch sur le porno gay d’une embarrassante lourdeur, n’était son sympathique accent québécois.

«Humour vers le futur», le gala d’ouverture présenté par Artus, qui deux jours plus tard dansait sur TF1 pour accéder à la demi-finale de «Danse avec les stars», restera finalement comme le plus rythmé, grâce à une succession d’improbables saynètes élaborées par le Français autour du thème des voyages spatio-temporels. Joli succès également pour Jérémy Ferrari, qui présentait à Vevey, samedi et dimanche, son seul-en-scène «Vends deux pièces à Beyrouth». Le prochain Montreux Comedy Festival aura lieu du 30 novembre au 4 décembre 2017. D’ici-là, rendez-vous sur sa chaîne YouTube, qui est en passe d’atteindre les 100 millions de vidéos vues.