Montreux,son Jazz,son Académie

Musiciens Sous l’œil des maestros

Douze jeunes gens, tous musiciens, enfermés pendant une semaine dans une luxueuse demeure patricienne, conseillés par des coaches qui leur enseignent chacun une discipline. Ce n’est pas le nouveau concept d’une télé-réalité. Mais la première Montreux Jazz Academy, émanation de la Montreux Jazz Artists Foundation (MJAF). Elle débute aujourd’hui, s’achèvera le 6 novembre par deux concerts de gala où nos académiciens croiseront Charles Lloyd, Lee Ritenour, Erik Truffaz. La crème du jazz pour nos bleus vaillants.

Depuis 1999, le Montreux Jazz Festival conduit chaque année ses concours d’instrumentistes; le piano d’abord, la guitare et le chant. Des centaines de candidatures, de tous les continents, pour une compétition qui s’est taillé au fil des ans une réputation certaine. La Montreux Jazz Academy a sélectionné parmi les lauréats des concours, des talents de Cuba, de France ou des Etats-Unis qui pourraient bénéficier d’une immersion prolongée au contact de mentors.

Héritage de Claude Nobs

Stéphanie-Aloysia Moretti, directrice artistique de l’Académie, y voit la continuité d’une mission lovée dans l’ADN du Montreux Jazz: «Depuis le début des années 1970, Claude Nobs proposait déjà aux artistes de rencontrer le public hors des concerts. L’Académie est l’apogée d’une démarche où nous tentons de créer des liens et des savoirs durables.» Ainsi, logés au Centre Musical Sylvia Waddilove de Montreux – avec jardin taillé de près et vue sur le lac –, les académiciens vont suivre toute la journée des masterclasses, au contact de professionnels comme le patron du label Naïve, Patrick Schuster, qui leur enseignera la façon de créer leur propre outil de communication audiovisuelle, ou comme l’avocat Xavier Oberson qui instruira ces jeunes professionnels dans le domaine de la fiscalité de l’industrie musicale.

Du très pointu, au fond. Mais aussi beaucoup de musique, avec des pédagogues, comme le prodige du piano Yaron Herman, un habitué du festival. «On se rend compte que les musiciens sont démunis face au business de la musique. Les conservatoires ne les préparent pas suffisamment à pratiquer leur métier au-delà de leur instrument», explique Stéphanie-Aloysia Moretti.

La Montreux Jazz Academy possède également sa face publique. D’interminables jams au nouveau café du Palace. Mais aussi des conférences où Ravi Coltrane, Sébastien Schuller parleront de leur art. Et des concerts, chaque soir à 21h30, au Funky Claude’s Bar, avec notamment Erik Truffaz et Anna Aaron.