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Nine Inch Nails à l'Auditorium Stravinski, 9 juillet 2018.
© 2018 FFJM / Marc Ducrest

Musique 

A Montreux, Nine Inch Nails cogne tout ce qu’il peut

Présentant un dispositif scénique configuré pour les stades, le groupe de Trent Reznor a délivré au Stravinski un concert certes féroce, mais comme hors sujet

En arrivant à Montreux, on notait la suite remarquable de semi-remorques alignés face au Centre de congrès. Débarqué en ville à la tête d’une superproduction principalement destinée aux open airs, on redoutait que Nine Inch Nails rechigne à adapter son show aux lignes subtiles de l’Auditorium Stravinski. A peine apparu, l’Américain confirmait nos anxiétés.

Lire aussi: Trent Reznor, prophète de malheur

Au cours des dernières années, ici, d’autres nous avaient déjà fait le coup: les Jean-Michel Jarre ou The Chemical Brothers venus exhiber leur puissance de feu dans un écrin inadapté au déballage technologique. Si ces performances crâneuses, bourrées jusqu’au malaise de light show, visuels et assauts soniques, auraient probablement fait l’affaire, tard, sur la grande scène du Paléo, elles relevaient du ridicule dans une salle de 4000 places. De toute évidence, personne n’a prévenu Nine Inch Nails que sortir l’artillerie lourde en ce lieu relève de la vanité.

Comme un passage à tabac

Débutant tête dans le guidon avec The Eaters of Dreams, Trent Reznor, commandant en chef du navire rock indus américain, invite pourtant un public clairsemé et largement masculin à s’enthousiasmer. On frappe dans les mains, réjoui comme durant un passage à tabac. D’autant que désormais rangée des dépressions morbides qui l’ont hier dévorée, l’idole enténébrée cherche même à faire danser, jouant Me, I’m Not comme piqué au LCD Soundsystem. Mais très vite quelque chose gêne dans cet ensemble minutieusement calibré.

Groove impropre à décoller, orages soniques tétanisants plutôt que stimulants, light show aveuglant forçant à contempler ses souliers: durant 90 minutes pile, «NIN» envoie tout ce qu’il peut, comme obstiné, et nous de souhaiter finalement fuir, congestionné, cette performance suffoquée. Vient toutefois I’m Afraid of Americans, reprise de David Bowie que Reznor rappelle avoir autrefois joué sur scène en compagnie de l’Anglais, prenant même cette fois le temps de se souvenir où il est: «Montreux, l’endroit le plus cool que j’ai vu de ma vie», jure-t-il. Avant d’envoyer de nouveau la sauce.

Ayant quitté une première fois la scène sous une averse de lumières bubble-gums alors qu’agonisait le riff de Head Like a Hole, puis revenant saluer le public, le vétéran Gary Numan à ses côtés, Trent s’essaie en final à une version désirée délicate de Hurt: une chanson que Johnny Cash s’est autrefois génialement appropriée et que NIN, comme enivré par sa puissance de feu, conclut dans un tintamarre inutile.

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