Depuis la création du Montreux Jazz Festival en 1967, rares sont les grands noms de la musique qui ont échappé à l'oreille avertie de Claude Nobs et de son équipe. Partagée depuis longtemps entre respect de la tradition et esprit de découverte, la manifestation vaudoise a successivement assimilé les différentes révolutions qui ont secoué le paysage musical de ces trois dernières décennies, intégrant d'abord le rock, puis la vague ethno et enfin la déferlante électronique. Aujourd'hui éclectique en diable, l'affiche de Montreux y a peut-être perdu en cohérence et en identité, mais certainement pas en qualité. On peut déplorer que le festival prenne parfois des allures de grand-messe consumériste – c'est le seul endroit au monde où le jazz est devenu une monnaie –, on peut tonner contre le prix relativement élevé des entrées, mais hormis ces quelques travers, le bébé de Claude Nobs reste une sorte d'exception dans un milieu soumis où la concurrence se fait chaque année plus ardue.

Malgré quelques déprogrammations notables* (exit Bryan Ferry et Afro Cuban All Stars), les 200 000 festivaliers attendus du 2 au 17 juillet, et les quelque 300 millions de téléspectateurs qui pourront suivre l'événement par le biais de CNN ou de MTV, devraient donc trouver cette année encore sur la Riviera vaudoise de quoi assouvir leurs appétits musicaux les plus divers. Petit avant-goût en forme de coups de cœur.

33e Montreux Jazz Festival, du 2 au 17 juillet. Site Internet: www.montreuxjazz.com. Loc.: TicketCorner, tél. 0848 800 800.