Un cœur rouge sur la batterie et un Ti Amo qui résonne dans l’Auditorium Stravinski. Le groupe français Phoenix a proposé samedi une balade romantique au public du Montreux Jazz Festival. Dans une salle baignée de lumières colorées, les corps se sont déhanchés au rythme des synthés. Un voyage dans une Italie fantasmée, alors que sur les bords du Léman une fine pluie gênait les festivaliers.

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Habitués aux tournées internationales, les Versaillais ont proposé une performance très rodée. Seule imperfection de la soirée. Mais ils ont merveilleusement oscillé entre nouvelles chansons et succès passés. Le mélange a d’ailleurs conquis la salle. Dès les premières notes de Lisztomania, titre phare du quatuor, les spectateurs se sont mis à chanter. Au point que Thomas Mars s’est contenté d’écouter le public au moment du refrain. Des instants privilégiés que le groupe continue de savourer.

Intermède envoûtant

Dansante, la première heure du concert est passée à toute vitesse. Puis une douce mélodie s’est soudain échappée des instruments. Le chanteur a profité de cet instant pour s’allonger sur la scène alors qu’une galaxie d’étoiles se formait sur un écran géant. Dans la salle, les bras se sont balancés de gauche à droite. Titre de cet intermède complexe et envoûtant: Love like a sunset. Une chanson tirée de leur quatrième album «Wolfgang Amadeus Phoenix», celui qui a porté le groupe au sommet de la pop en 2009.

Mais très vite, les vibrations ont repris de plus belle. L’indémodable morceau If I ever feel better a réveillé le public. Puis est venu le tour de l’entêtant J-Boy, qui ouvre l’album «Ti Amo». Une lumière blanche a alors illuminé la salle, les jeux de lumière ont clignoté frénétiquement. Un problème technique qui a fait sourire Thomas Mars. «Fermez les yeux», a-t-il conseillé au public. Heureux et fougueux, le chanteur s’est aventuré au milieu de la foule à deux reprises, notamment pour clôturer le concert. Une fin intense et radieuse pour conquérir définitivement Montreux.

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