Pop

Morrissey à Lausanne, un concert efficace sans excès de nostalgie

Pour sa grande réouverture après travaux, la Salle Métropole, à Lausanne, s’est offert un lever de rideau anglophile avec l’unique étape helvétique de la mini-tournée européenne d’une légende: Morrissey, 56 ans cette année mais toujours prompt à tomber la chemise en fin de concert pour la lancer dans le public. Étape à domicile presque, puisque l’ancien chanteur des Smiths, le groupe qui il y a trois décennies rendait ses lettres de noblesses à la pop après des années d’expérimentations post-punk, vit en partie dans la capitale vaudoise. Dimanche soir, ce grand défenseur de la cause animale et végétalien militant, après avoir repris le fameux Meat Is Murder («la viande est un meurtre») des Smiths, n’a d’ailleurs pas manqué de s’indigner de l’arrivée en ville du Cirque Knie et de son zoo ambulant.

Autre chanson des Smiths et autre clin d’œil lausannois, How Soon Is Now? est dédiée à Capucine, mannequin et actrice française qui a fini sa vie, jusqu’à son suicide en 1990, sur les bords du Léman. Forcément, dès que le «Moz» va puiser dans le catalogue du groupe qui en a fait une icône, la Salle Métropole vibre, comme encore lors de ce vrombissant The Queen Is Dead balancé en rappel. Mais pas d’excès de nostalgie chez le chanteur, qui pour le reste a largement défendu son dernier album solo, l’impeccable World Peace Is None Of Your Business, tout en allant puiser dans ses neuf autres enregistrements.

Sueded, Speedway, You Have Killed Me, Everyday Is Like Sunday, les moments de bravoure ne manquent pas, même si on peut regretter un certain manque de nuance dans l’exécution. Le son est rentre-dedans, par moments un peu top carré pour qu’on perçoive toute la finesse des arrangements. Un moyen peut-être d’éviter le côté muséal qu’aurait un concert enchaînant les classiques de manière trop lisse et appliquée. Car même s’il sait ce qu’il représente dans la mythologie pop, et qu’il en joue habilement, prenant la pause et serrant plus que de raison les mains qui se tendent dans les premiers rangs, Morrissey n’a donc pas la nostalgie qui anime une partie de son public. Et c’est une bonne chose.

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