Il avait doublé Alain Delon, Roger Moore ou Sean Connery: le célèbre cascadeur français Rémy Julienne est décédé jeudi soir du Covid-19, à l’âge de 90 ans, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

L’homme aux 1400 productions, qui participa notamment à six James Bond, était en réanimation à l’hôpital de Montargis (Loiret), dans le centre de la France, depuis le début du mois.

«Il nous a quittés en fin de soirée (jeudi). C’était prévisible, il était sous respirateur artificiel», a raconté un proche à l’AFP. Le décès a été confirmé par le député du Loiret, Jean-Pierre Door, un ami de l’ancien cascadeur.

Cinquante ans de carrière

La carrière de Rémy Julienne, né en 1930, commence en 1964, quand un autre cascadeur, Gil Delamare, lui propose de participer au tournage de Fantômas.

«J’étais champion de France de moto et il fallait quelqu’un de très précis» pour piloter une moto et doubler Jean Marais. «C’est tombé sur moi», racontait-il volontiers.

Cet événement est le coup d’envoi d’une cinquantaine d’années de travail auprès des plus grands réalisateurs – François Truffaut, Leos Carax, Dino Risi, Terence Young ou Sydney Pollack notamment – et les plus grands acteurs.

Il figura notamment au générique de classiques du cinéma français: Le Mur de l’Atlantique (Marcel Camus), Le Solitaire (Jacques Deray), Le Cerveau, La Grande Vadrouille (Gérard Oury), L’Aventure c’est l’aventure (Claude Lelouch).

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Pour le cinéaste Georges Lautner et l’acteur Jean-Paul Belmondo, Julienne mit notamment au point une des plus spectaculaires cascades: dans «Le Guignolo», l’acteur va survoler Venise suspendu à un trapèze accroché à un hélicoptère.

A la seconde près

Parmi ses autres prouesses, un camion-citerne roulant en équilibre sur ses roues gauche dans «Permis de Tuer», un James Bond avec Timothy Dalton, ou une berline qui, d’un tremplin, s’envole dans les airs avant de retomber sur le toit d’un bus, dans «Dangereusement vôtre», un autre James Bond.

Crédibilité, précision, rigueur: ces mots revenaient constamment chez Julienne, dont la vie devant la caméra, ou celle de ses équipiers, était réglée au millimètre, à la seconde près.

Sinon, «c’est là-haut dans une caisse en sapin», expliquait cet homme marqué par la mort d’un cameraman lors d’une cascade sur le tournage du film «Taxi 2» en 1999, qu’il supervisait.