Mano Solo avait été hospitalisé après son dernier concert à l’Olympia à Paris, le 12 novembre dernier. «Il a lutté courageusement pendant deux mois et jusqu’au bout contre plusieurs anévrismes», a indiqué sa famille.

Sur son site officiel, sa mère, Isabelle Monin, écrit dimanche: «Il ne viendra plus nous invectiver. Il ne viendra plus nous encourager. Il ne viendra plus nous donner tout ce qu’il avait: son talent, sa force, son élan, sa générosité.»

Auteur, compositeur et chanteur, Mano Solo, né le 24 avril 1963, a signé de nombreux albums teintés de rythmes africains, d’airs de tangos et de rengaines de faubourgs parisiens, aux paroles poétiques évoquant les problèmes contemporains. Sans fards

Dès la sortie de son premier album «La Marmaille nue», en 1993, Mano Solo s’était imposé sur la scène française, n’hésitant pas à dire sa douleur dans ses chansons ni à aborder les thèmes sociaux les plus durs. Il n’avait jamais caché qu’il souffrait du sida, contracté dans les années 1980.

A la sortie de son dernier disque, «Rentrer au port», en septembre, il expliquait sur Europe 1 son besoin de parler sans détours des choses de la vie: «On se met à travailler un peu désespérément en se disant ’est-ce qu’on va avoir quelque chose à dire ?’ Et puis finalement oui, parce que de toute façon on vit.» Succès

Fils du dessinateur Cabu, Mano Solo a eu une adolescence tourmentée et marquée par une passion pour la culture punk. Après deux expériences en groupe, c’est seul que cet auteur, compositeur et interprète séduit le public en 1993 avec son premier disque qui s’écoulera à plus de 100.000 exemplaires.

Le succès est également au rendez-vous pour «Les années sombres», en 1995, et Mano Solo s’installe dans le paysage musical français, où il est suivi par de nombreux fidèles. Durant sa carrière jalonnée d’une dizaine de disques, il véhicula une colère et des émotions ayant peu d’égales dans la chanson.