Vous n’aimez pas les courses cyclistes? Jusqu’à présent, elles ne me passionnaient pas non plus. Et pourtant j’ai lu ce polar d’un trait. J’en suis même ressortie passablement épuisée après avoir parcouru, en vingt et un jours, 3500 kilomètres, dont de nombreux cols. Désormais, promis, juré, je ne regarderai plus le Tour de France du même œil. J’ai découvert la fonction essentielle du «gregario» – l’équipier – ainsi que le caractère épique et sacrificiel de ce sport où toute une équipe se met au service de son champion. Bref, vous l’aurez compris, Mort contre la montre du Mexicain Jorge Zepeda Patterson est une réussite. Un polar palpitant et fort bien documenté.

Le narrateur, Marc Moreau, dit Annibal, est précisément l’un de ces «gregarios», un coureur de l’ombre, et l’un des plus talentueux. Depuis onze ans, ce Franco-Colombien fait équipe avec l’Américain Steve Panata, quatre fois vainqueur du Tour. «Pendant vingt et un jours, mon rôle est de le protéger des rivaux, du vent contraire, de la faim et de la soif, des accidents et des chutes, et surtout de la haute montagne, où ses ennemis pourraient le réduire en miettes, explique-t-il. […] Nous avons été le meilleur duo du circuit de ces dernières années, mais il a été le seul à monter sur le podium.»