Avec la mort d’Avraham Yehoshua, ce 14 juin à l’âge de 85 ans, c’est une des dernières grandes figures de la littérature israélienne née avant la création de l’Etat d’Israël qui disparaît. L’écrivain incarnait avec Amos Oz, mort en 2018 à 79 ans, une sorte de totem conjuguant œuvre littéraire et engagement politique même si, sur le tard, il se montrait beaucoup plus circonspect sur le bien-fondé d’un Etat palestinien, militant plutôt pour la création d’un Etat binational. Dès l’annonce de sa mort, la fille d’Amos Oz lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage: «Il était un des écrivains les plus prolifiques, fins et courageux que je connaisse, et son amitié avec mon père était unique: ils avaient pour habitude de commenter méticuleusement et avec amour leurs manuscrits respectifs.»