L'artiste peintre et sculpteur vénézuélien Jesus Rafael Soto, l'une des figures importantes de l'art cinétique, est décédé en début de semaine à Paris à l'âge de 81 ans. Un membre de sa famille de Caracas l'a annoncé mercredi à l'AFP, ajoutant qu'il avait déjà été enterré.

Soto, né en 1923 à Ciudad Bolivar, à 400 km au sud de Caracas, s'était d'abord initié à la guitare et lorsqu'il vint à Paris en 1950, il anima plus d'une nuit de Saint-Germain-des-Prés. Les arts plastiques prirent néanmoins le dessus, le démangeant de la même manière que la musique, avec la même envie de faire bouger les choses. Formé à l'Ecole des beaux-arts de Caracas, venu à Paris grâce à une bourse, ses goûts allaient à ses débuts vers le constructivisme d'un Malévitch. Que bien vite il considère comme trop statique. Il se tourne donc vers l'étude des vibrations visuelles. Ses recherches s'apparentent à celles de Victor Vasarely et à sont art optique. Mais, travaillant à partir de plaques en Plexiglas, Soto va créer une profondeur réelle et participer à la naissance de l'art cinétique.

L'exposition Le Mouvement, à la Galerie Denise René en 1955, à laquelle il participe au côté d'artistes comme Calder et Jean Tinguely, assied sa notoriété. Ses œuvres, constituées de tiges métalliques suspendues à des fils devant des fonds finement striés le poussent de plus en plus à se préoccuper de l'espace entier. Et ce seront bientôt (1957) les Pénétrables, ces sculptures de fils colorés descendant du plafond, entre lesquelles le spectateur peut se balader, jusqu'à perdre la notion de tout repère.