Il avait annoncé depuis 2007 être atteint d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer. Depuis cette époque, il renseignait ses nombreux fans sur son état de santé via son site internet. Il militait aussi pour son droit à mourir. Terry Pratchett est décédé hier à l’âge de 66 ans – «avec son chat endormi sur son lit et entouré de sa famille» précise le communiqué de son éditeur – sans jamais avoir lâché l’écriture. L’écrivain anglais avait d’ailleurs publié le dernier épisode de sa saga «Les Annales du Disque-Monde» l’été dernier, mais avait dû cesser toutes activités du fait de l’évolution de son état de santé. Auteur prolifique d’une septantaine de romans, il est surtout connu pour avoir instillé de l’humour dans l’«heroic fantasy». Ce genre aux archétypes bien ancré et inspiré par l’imagerie médiévale, Pratchett en avait fait le sujet d’une épopée improbable et drolatique forte de 40 volumes traduits en 35 langues et vendu à 80 millions d’exemplaires. Avec «Les Annales du Disque-Monde», Terry Pratchett entretenait un lectorat fidèle et nombreux depuis plus de 30 ans. Son style décontracté et ses univers loufoques dont l’une des stars était une malle de voyage montée sur jambes avaient été une source d’inspiration pour toute une génération d’écrivain de science-fiction. Notamment Neil Gaiman avec qui Terry Pratchett avait publié «Des bons présages», l’histoire d’un ange et d’un démon s’alliant pour faire échouer le menace d’un Apocalypse terrien. Anobli en 2008 par la Reine d’Angleterre, Sir Terence comme il pouvait désormais se faire appeler, avait ainsi réagi à sa nouvelle position dans la hiérarchie du royaume: «N’importe quel auteur de «fantasy» a envie de devenir chevalier. Vous savez, je suis à deux doigts de m’acheter un cheval et une épée.»