En 1989, la Suisse vit des heures sombres. La cinquième colonne s’agite, l’initiative pour une Suisse sans armée fait peser de lourdes menaces sur l’avenir, car «abolir l’armée, c’est abolir la Suisse»… Heureusement, la police fédérale œuvre d’arrache-pied contre ces menées subversives. L’officier Viktor Schuler (l’excellent Philippe Graber) se pose en gardien exemplaire de la démocratie directe. Il est un des 15 auditeurs d’une radio pirate émettant de la musique cubaine, il remplit scrupuleusement des fiches de renseignement et photographie ni vu ni connu les distributeurs de tracts.

Son chef lui confie une mission dangereuse: infiltrer une troupe de théâtre répétant La Nuit des rois sous la direction de Carl Heymann, un metteur en scène allemand, donc gauchiste. Viktor rase sa moustache de rat, enfile un jeans et se présente comme figurant sous le nom de Walo Hubacher. Il découvre de l’intérieur le monde du théâtre, enregistre la dialectique selon laquelle «le capital est le bras armé de l’Etat autoritaire», s’inquiète d’un sac en plastique rouge, indique dans ses rapports que les comédiens se réfèrent beaucoup à un Russe nommé Stanislavski… Il tombe aussi sous le charme d’une comédienne, Odile Jola (Miriam Stein), et se sent pousser des ailes de papillon.