Au lendemain de la condamnation des Pussy Riot, intellectuels et artistes russes s’insurgent. Leader du groupe rock culte Machina Vremeni, Andreï Makarevitch déclare dans le quotidien Kommersant: «C’est une honte pour mon pays qui révèle au grand jour sa prétendue justice et son obscurantisme.» En se focalisant sur la dimension morale de l’affaire, on oublie la loi, dit-il en substance. Et d’ajouter que l’affaire ne relève pas du code pénal.

L’écrivain Dmitri Bykov, lui, souligne la férocité devant le tribunal des adversaires des Pussy Riot. Le plus impressionnant, note-t-il encore, toujours, dans Kommersant, c’est «l’unanimité tacite des défenseurs des punkettes, unis dans la protestation». Autre figure marquante de l’opposition, l’écrivain Edouard Limonov condamne dans son blog le verdict: «Le pouvoir a marqué deux buts contre son propre camp.» Un verdict, qui déchire davantage, dit-il encore une société déjà scindée.