Le message du Coran, révélé par Mahomet, a engendré des formes architecturales spécifiques: mosquées, bien sûr, madrasas, mausolées, caravansérails, palais, hammams et citadelles. Dès le VIe siècle, et pendant mille ans, l'art né de l'islam va couvrir une grande partie de l'Ancien Monde. Les ouvrages de la collection Découvertes se signalent par une information précise et complète et une iconographie magnifique, un peu coincée dans le format réduit des pages, mais très suggestive. C'est le cas de ce volume, confié à Henri Stierlin, historien comparatiste, spécialisé en architecture, qui a publié, depuis les années 1970, de nombreuses études sur l'architecture née de l'islam.

Si les mosquées peuvent se contenter d'une grande simplicité – une simple chambre dans un immeuble moderne – pourvu que soient respectées quelques règles, comme l'orientation vers La Mecque, il y en a de somptueuses, dont les colonnades, les mosaïques, les dômes et les minarets font rêver. Henri Stierlin recense les styles et les zones d'extension de l'islam. A commencer par le classicisme des monuments omeyyades et abbassides, à Damas, Cordoue ou Bagdad. Le rôle de la Perse a été déterminant, puis l'extension à l'Inde et l'irruption des Turcs, artisans de la pierre. Mais la grande période est celle du Caire, de Grenade et de Fès à partir du Xe siècle.

La faïence de Samarcande ou d'Ispahan, les jeux de marbre des Grands Moghols, en Inde: ces images renforcent des désirs de voyage que les noms de lieux suffisent à éveiller. Un dernier sommet est atteint dans la Turquie ottomane, sous le règne de Soliman, au XVIe siècle, avec les mosquées d'Edirne et d'Istanbul. Un tableau chronologique et un petit florilège de citations complètent cette passionnante introduction à un art «de la foi et du pouvoir».