La Mostra de Venise a éclaté de rire jeudi lors de la dernière comédie grinçante de Roman Polanski, «Carnage». Les festivaliers ont également découvert une Madonna romantique, venue présenter son film inspiré de l’histoire d’Edouard VIII et de sa bien-aimée Wallis Simpson.

Le réalisateur franco-polonais, récompensé à plusieurs reprises pour «The Ghost Writer», était toutefois absent de Venise en raison de ses démêlés avec la justice américaine.

«Carnage», une violente dispute entre deux couples de parents qui cherchent à régler un différend entre leurs enfants, surprend par son intensité. Pendant une séquence unique de 90 minutes tournée dans un appartement, les acteurs n’ont aucun répit.

Le scénario est adapté d’une pièce de Yasmina Reza, «Le Dieu du carnage», qui a séduit le grand public aussi bien à Paris qu’à Londres ou Broadway. Ce huis clos est servi par les Américains Jodie Foster et John C. Reilly (»Frangins malgré eux»), la Britannique Kate Winslet et l’Autrichien Christoph Waltz (»Inglourious Basterds»).

Crise de vomissements

Mariage, famille, engagement, morale, petites bassesses de la vie de couple: les dialogues ciselés fusent et nourrissent une joute oratoire pleine de rebondissements, avec plusieurs moments d’apothéose, dont une crise de vomissements.

Pour cette scène, Kate Winslet a expliqué qu’elle était enceinte au moment du tournage, ce qui l’a «aidée à vomir». «Les techniciens m’ont beaucoup aidée aussi. Tout a été dûment préparé pour cette journée de vomissement!», y compris, a-t-elle détaillé «des restes de la cantine, des bananes et fruits écrasés et une pâte ressemblant à des muqueuses» qu’elle a ingérée et dont elle a dit pouvoir donner «la recette».

Madonna s’identifie à Wallis Simpson

Beaucoup plus romantique, Madonna propose, avec «W.E» (Andrea Riseborough, Abbie Cornish, James D’Arcy, Oscar Isaac), l’histoire d’une jeune femme, mariée mais malheureuse en amour, Wally, qui se réfugie dans la romance de Wallis Simpson et d’Edouard VIII. Ce dernier préféra abdiquer plutôt que renoncer à sa bien-aimée, divorcée deux fois.

La reine de la pop, en sobre robe noire et blanche à manches courtes, a expliqué devant la presse avoir «fait des recherches pendant trois ans» pour son film. Une oeuvre qui montre «un monde de luxe, de beauté et de décadence, très actuel mais où le glamour ne garantit pas le bonheur».

Elle a dit avoir été elle-même «enthousiasmée par l’histoire de Wallis Simpson», à laquelle elle s’identifie parfois: «Quand on devient une icône, on est souvent réduit à un son ou à une seule qualité».

Un nouveau Cronenberg

Le long métrage helvétique «Giocchi d’estate» (»Summer Games» ou «Jeux d’été») de Rolando Colla devait lui aussi être présenté jeudi à Venise, en première mondiale.

Vendredi, la Mostra découvrira «A Dangerous Method» de David Cronenberg, un film sur les relations troubles entre les psychanalystes Carl Jung, Sigmund Freud et une de leurs patientes.