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Les Lueurs, Matthieu Mégevand
© L'Âge d'homme

Récit

Les mots de Matthieu Mégevand pour dire le cancer

Malade à 21, l'éditeur et auteur fait, dans «Les Lueurs», le récit d’une expérience douloureuse devenue littéraire

C’est un récit douloureux mais habité par la fougue de la jeunesse et l’écriture pleine d’allant de Matthieu Mégevand. L’éditeur, qui veille aujourd’hui aux destinées de la maison Labor&Fides, revient de loin. Ses nouvelles (Jardin secret, L’Age d’Homme, 2007), son roman (Les Deux Aveugles de Jéricho, L’Age d’Homme, 2011), Ce qu’il reste des mots, essai sur le drame de Sierre paru chez Fayard en 2013, tout cela aurait pu ne pas avoir lieu.

Anamnèse

Le cancer, car c’est de cela qu’il s’agit, s’est emparé de lui à l’âge de 21 ans. 
A l’âge, encore tendre, où l’on veut simplement apprendre à aimer, faire 
la fête, étudier; à l’âge où la peur de mourir ne vous habite pas encore. 
C’est donc l’histoire d’un très jeune homme qui affronte la maladie avec ses peurs et ses audaces, qui tente d’épargner ses plus vives angoisses à ses proches, qui se retrouve, en pleine jeunesse, soudain harassé par les traitements de cheval qu’il faut pour vaincre le terrible crabe. Le livre est écrit 
dix ans après le combat, victorieux, contre la maladie. Un livre en forme d’
«anamnèse», nous dit Matthieu Mégevand, en ce sens qu’il révèle les antécédents médicaux de son auteur. 
Une anamnèse littéraire aussi, manière de dire d’où l’on vient et, surtout, d’où l’on revient.

Smoking

Le récit est poignant, comment peut-il en être autrement, surtout dans la répétition des douleurs, d’abord anodines, puis de plus en plus insupportables au fur et à mesure que s’additionnent, monotones et rudes, les séances de chimiothérapie. Le récit est aussi vagabond, puisque, liberté d’écrivain désormais bien portant, Matthieu Mégevand s’amuse tout comme dans le film Smoking/No Smoking d’Alain Resnais à jouer avec des «si». La fiction débarque sans crier gare à chaque étape cruciale il imagine ce qui se serait passé si tout avait tourné autrement. Jusqu’à se moquer de soi, jusqu’à se faire peur aussi… Et alors, l’écrivain s’arrête, comme inquiet du jeu qu’il mène, et revient s’accrocher à un réel, douloureux, mais qui avance bel et bien vers la guérison.


Matthieu Mégevand, Les Lueurs, L’Âge d’homme, 188 p. ***

Lire aussi: Matthieu Mégevand, foi d’éditeur

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