«Une fois le régime disparu en tant qu'ennemi, écrit Maria Antonia de Castro dans le catalogue, la bataille se livre sur un seul front, celui de l'art lui-même.» Et la commissaire de proposer deux exemples: Luis Gordillo et Carlos Alcolea. Le premier, formé à Paris au tournant des années 50-60, fait à ses débuts le pont entre l'art informel et le Pop'Art. Mais c'est sa phase des années 1970, début des années 1980, qui va faire sens par son néo-expressionnisme abstrait et gestuel plutôt délirant. A sa façon, il témoigne de la liberté retrouvée, de cette Movida qui souffle sur l'Espagne. Dans le même temps, dès le milieu des années 1970 émerge la sensibilité postmoderne. Elle s'appuie sur un retour au subjectivisme, fait un libre usage des styles, se réapproprie le passé. Elle débouchera sur la Trans-avant-garde italienne et les Nouveaux Fauves allemands. «Mais à cela, en Espagne, on ne donna pas de nom», déplore Maria Antonia de Castro. D'où son envie d'en rendre compte à travers l'exemple de Carlos Alcolea, né dans les années 1950 et représentatif de cette génération de la «figuration madrilène» qui ne veut plus entendre parler d'art engagé mais se remettre à peindre.