Plus d’inquiétude que de danger. Mardi soir, sur la scène du Métrople de Lausanne, la chute d’une parcelle du mur a poussé le directeur exécutif de l’Orchestre de chambre de Lausanne à annuler le concert qui devait débuter une heure et demie plus tard. «C’était la seule solution imaginable», précise Benoît Braescu. «La sécurité prime. Et dans ce cas il a fallu se décider vite, car les portes ouvraient une heure après.»

Une précaution particulièrement prudente, au vu de l’événement. Car en fait de pan de mur, ou de plafond effondré, comme on a pu l’entendre, il s’agissait d’un morceau de plâtre mélangé à du ciment «d’environ 5 centimètres d’épaisseur et 150 grammes», estime le responsable de l’OCL. Mais sur une hauteur de 15 mètres, cela peut faire mal. Ou endommager les instruments.

Une expertise a été commandée par la Fondation Métrople (locataire du bâtiment appartenant à la Zurich Assurance) pour estimer la nature des dégâts et les mesures à prendre. Pour l’heure, le coût des travaux va être étudié et celui des remboursements des billets, calculé. «C’est comme pour un appartement, les propriétaires ont la charge des dégâts majeurs, explique Yves Braunschweig, président de la Fondation Métropole. S’il faut assainir un mur, nous pourrions l’assumer. En cas d’intervention plus lourde, les propriétaires prendront évidemment les frais en charge, par le biais des assurances.»

Le soliste Jean Guihen Queyras était venu interpréter la création suisse du Concerto pour violoncelle «Ouroboros» de Thomas Larcher. Et la soprano Christina Landshamer devait se lancer dans une version pour orchestre de chambre de la 4e Symphonie de Mahler. Ils ont dû repartir bredouilles avec le chef Pascal Rophé.

Grande déception

«C’est un sentiment de grande tristesse qui a animé tout le monde», avoue aussi le président du Conseil de fondation Alexandre Curchod. «Avant toute considération financière, trois ans de travail (pour la création) et deux pour le reste du concert, l’engagement d’une équipe et l’enjeu artistique que représente un concert de ce type sont très importants. Abandonner en fin de parcours représente une grande déception», ajoute Benoît Braescu.

Heureusement, le même programme, donné la veille, a été enregistré par Espace2. Il est donc disponible en streaming sous la rubrique des «Concerts du mardi soir» à la date du lundi 4 avril. «Pour les malchanceux qui ont dû rebrousser chemin (environ 700 spectateurs étaient attendus), le remboursement se fera au pro rata de leur abonnement. Quant à ceux qui ont acheté leur billet le soir du concert, ils seront dédommagés en venant à la caisse», précise l’attachée de presse Hélène Brunet.

Reste le plus important, la suite. Les activités reprennent leur cours, des mesures de sécurités ayant été prises et un filet de protection mis en place. Prochain rendez-vous dès jeudi avec le Sinfonietta dirigé par Arie van Beek. Et l’OCL reviendra les 2 et 3 mai avec Christoph Eschenbach à la baguette et Christopher Park au piano.