Un espace pour célébrer la liberté d’expression et de création. C’est ainsi que Roselyne Bachelot, ministre française de la Culture, définit les Rencontres de la photographie d’Arles, dont la 53e édition se tiendra cet été dans un contexte où cette notion de liberté est en Europe violemment bafouée. Le festival provençal a dévoilé mercredi à Paris sa programmation 2022, qui proposera une quarantaine d’expositions.

Un des temps forts de ces Rencontres 2022 résonnera d’ailleurs avec la tragique actualité de ce début d’année. Au sein de la séquence baptisée «Revisiter», Un Monde à guérir reviendra au palais de l’Archevêque sur 160 ans de photographie humanitaire à travers les collections du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Sous le commissariat de Nathalie Herschdorfer (actuelle directrice du Musée des beaux-arts du Locle, elle reprendra la direction de Photo Elysée le 1er juin) et de Pascal Hufschmid, directeur du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, cette exposition est encore visible jusqu’au 24 avril dans l’institution genevoise, où elle a été créée en novembre dernier. Face à la multitude d’images produites depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, on la regarde aujourd’hui autrement.

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La Suisse sera également à l’honneur dans la séquence «Expérimenter», qui présentera le travail de Lukas Hoffmann, un photographe né à Zoug en 1981 et installé à Berlin. Intitulée Evergreen et montrée au Monoprix, son exposition réunira une série d’images prises à la chambre photographique, notamment à travers une démarche inédite: suivant des gens dans la rue, Hoffmann utilise ce dispositif lourd pour prendre des clichés sur le vif en tenant son appareil à la main. En résultent des cadrages aléatoires, «qui donnent par exemple à voir des rayons lumineux ou des textures», commente Christoph Wiesner, directeur des Rencontres d’Arles.

Sur l’exposition «Un Monde à guérir»: Contrastes et clichés de la photographie humanitaire

Quant à la séquence «Emerger», elle verra dix projets proposés par des galeries, espaces associatifs et centres d’art concourir pour le Prix Découverte Louis Roederer. Sélectionnée par la galerie lucernoise Ahoi, la jeune photographe russe Mika Sperling, qui vit et travaille à Hambourg, présentera une série sur les tabous familiaux. Pour le reste, les expositions qui devraient être les plus en vue seront consacrées à l’avant-garde féministe des années 1970, à la photographe américaine Lee Miller (1907-1977) ou encore à son compatriote Mitch Epstein et à ses nombreux voyages effectués en Inde entre 1978 et 1989.

53e Rencontres de la photographie, Arles, du 4 juillet au 25 septembre.