L’Elysée revisite les Paléoclichés

Images Le musée lausannois a donné une carte blanche à cinq photographes pour marquer les 40 ans du festival nyonnais

L’un fête ses 30 ans, l’autre ses 40. Tous deux ont envie d’élargir le spectre de leur public et de leur champ d’activité. L’an dernier, le Musée de l’Elysée a confié une carte blanche à cinq photographes afin qu’ils posent leur regard sur le Paléo Festival. Le résultat sera montré sur la plaine de l’Asse durant la prochaine édition, du 20 au 26 juillet 2015. «Nous voulons offrir des conditions les plus proches possibles d’une exposition… de campagne. Ce sera un écrin couvert, que l’on verra de loin. Pour le reste, surprise!» sourit Daniel Rossellat, président de la manifestation.

Les cinq photographes, locaux, ont été choisis pour leurs approches et leurs esthétiques variées. Leurs séries, en effet, s’inscrivent dans des démarches très différentes, tant par la forme que le sujet traité. Si les artistes sont les grands absents de ce portrait chinois du Paléo, les autres composantes sont bien couvertes.

Les dessous des estrades

Dans cette sorte de Yalta du festival, Anne Golaz, connue pour son magnifique travail sur la chasse, a choisi de suivre les techniciens de la grande scène, dormant avec eux dans un hamac accroché sous l’estrade. Les portraits qu’elle livre dénotent cette attention particulière à la lumière. «On retrouve son esthétique singulière, entre réalisme fort et théâtralité», note la commissaire Pauline Martin. Elisa Larvego, elle, a promené son appareil dans le joyeux foutoir du camping. Là, les tentes se font sculptures, les scènes de vie deviennent objets anthropologiques, les portraits jouent l’humour. Olivier Christinat a saisi la foule, en plan parfois très serré, amenant une touche dramatique dans le rassemblement musical. Nicolas Haeni s’est penché sur la nourriture, élément identitaire des lieux, s’amusant de mises en scène et de manipulations. On sourit de cette bouteille de rouge plantée dans une baguette. On s’étonne de cette banane s’échappant de sa peau devenue minuscule, tel un serpent charmé. Claude Baechtold, enfin, promet un film photographique sur le thème d’Ulysse regagnant la plaine après quarante ans d’absence.

«Des clichés de Paléo, il y en a des millions depuis 39 ans que nous accréditons des photographes. Sans compter les selfies et images du public. Mais cette fois, nous quittons le domaine de la presse pour une approche plus artistique», se réjouit Daniel Rossellat. A déguster cet été, entre une bière et un concert.