On ne l'attendait plus. Le Conseil fédéral, malgré les mauvais augures de la presse alémanique, a approuvé lors de sa séance de vendredi le message qui devrait fixer la nouvelle forme juridique du Musée national suisse (MNS). Cette loi, si elle est acceptée par le parlement, devrait permettre à l'institution de disposer d'une gestion financière autonome et d'accroître sa marge de manœuvre.

Actuellement, le MNS est directement rattaché à l'Office fédéral de la culture, il est donc partie intégrante de l'administration, avec ce que cela comporte comme inerties et bureaucraties. La nouvelle loi prévoit de répartir sa direction entre un conseil de fondation et une direction, à l'image de la Fondation Pro Helvetia.

Selon Andres Furger, directeur du musée et point de départ du projet, cette évolution est indispensable. Le Musée suisse, qui ne comptait anciennement que le bâtiment zurichois, est devenu une grosse machine culturelle d'envergure nationale, avec huit musées répartis dans le pays, dont un à Prangins, et 105 millions de francs de budget pour quatre ans. «En Europe, il n'existe pratiquement plus de grands musées appartenant encore à l'administration, explique Andres Furger. La concurrence internationale, le devoir de réagir rapidement à l'actualité et le besoin de faire appel à des partenaires extérieurs imposent que nous bénéficiions d'une structure plus souple et indépendante.» Selon le directeur, cette nouvelle structure ne devrait pas coûter plus cher à la Confédération.

Le message approuvé vendredi par le Conseil fédéral constitue un premier pas vers la création d'un musée national fort et compétitif. Le MNS réunit en effet la plus grande collection d'histoire culturelle de Suisse, de la préhistoire jusqu'au XXe siècle. Après l'acceptation par le parlement de la nouvelle loi, l'étape ultime de cette transformation devrait consister en la rénovation du bâtiment zurichois, qui en a grand besoin, et la construction d'une aile supplémentaire.