Akim est sur le ring et ça se passe mal. Une voix lui raconte, en le tutoyant, par phrases hachées, comment il se fait étendre au tapis. Après ce début en coup de poing, le récit s'installe sur un mode plus classique pour évoquer l'arrière-plan de cette défaite. A la maison, Oliva, qui n'assiste jamais aux combats, fait couler le bain, prépare les compresses. Monsieur Amado veille à l'entraînement, à la bonne distance. Avec le petit Fernando, le garçon boucher, son sparring, Akim mange des steaks en silence. C'est une histoire de taiseux, la pensée se fait lentement, par brèves notations, comme à l'insu des personnages. Le récit remonte vers la maman d'Akim «ramenée de Marrakech par un touriste», danseuse et prostituée d'occasion. Puis il glisse vers les terreurs nocturnes du petit garçon, les revues pornos et les secrets de famille, pour revenir vers le présent. Pendant qu'Akim s'entraîne, Oliva quitte sa boulangerie pour rejoindre, sur le coup de midi, un étrange architecte sadomaso. En silence elle aussi. La vie a mis k.-o. tous ces gens: leur donnera-t-elle un second souffle? Le roman n'en dit rien mais ce qu'il laisse deviner est attachant dans ses ellipses.

L'Harmattan, 156 p.