Un polar pour la route (3)

Mystère à l’Université de Genève

Avec «Le Jugement de Seth», une jeune auteure lausannoise tricote un agréable suspense situé dans le milieu académique

Qui ? Rachel Maeder
Titre: Le Jugement de Seth
Chez qui ? Plaisir de lire/coll. Frissons, 324 p.

Voilà un petit suspense tout à fait local. L’histoire commence au dépôt des archives de l’Université de Genève. Adrien Meyer, un égyptologue aux perspectives de carrière prometteuses, est assassiné de manière particulièrement brutale, écrasé par un tour de manivelle donné à un rayonnage coulissant.

Toujours méprisé par son professeur de tutelle, Adrien avait un ami proche, Michael Kappeler, qui avait lui aussi étudié l’Egypte ancienne avant de bifurquer vers le labeur plus obscur d’employé des archives. En sus, un étudiant zélé, admirateur d’Adrien, semble avoir quelques éléments d’information utiles, mais il ne pourra pas les transmettre comme il se doit.

Tandis que la police suspecte Michael, qui aurait pu jalouser la réussite de son ami, celui-ci tente de mener sa propre investigation. Ce faisant, il se rapproche peu à peu de l’inspectrice chargée de cette affaire à la police genevoise, Jeanne Muller. Enquêtes multiples à Uni-Bastions, entre auditoires et recoins obscurs de l’académie…

Un ancrage local

Au titre de lecture estivale, ce Jugement de Seth constitue un peu le pendant littéraire de l’actuelle saga de la RTS, L’Heure du secret; une intrigue du cru, plutôt bien tricotée, qui séduit par son ancrage régional.

L’auteure du roman connaît d’ailleurs son sujet, puisque l’éditeur indique qu’elle a étudié l’égyptologie et l’histoire des religions à l’Université de Genève. Une première fiction en terrain connu, qui ne manque toutefois pas de quelques maladresses: des personnages un rien monolithiques, de surcroît pas toujours très inspirés, et des dialogues parfois simplistes.

Mais la jeune écrivaine, 34 ans, a bien bâti son mystère, et l’a structuré avec assez d’habileté pour emmener son lecteur dans ses pas, le curieux étant agréablement ferré pour suivre les aventures de ce Michael Kappeler, au demeurant plutôt sympathique.

Pas d’ésotérisme toc

Alors que foisonnent les thrillers de bric et de broc basés sur de soi-disant mystères anciens, de la vallée du Nil au Vatican, toujours dans le sillage du Da Vinci Code et sa funeste influence nivelant le genre, Rachel Maeder a le mérite de s’immerger dans ce milieu exotique sans céder à l’ésotérisme toc qui fait rage ces temps. Après tout, le monde académique, ses rituels et ses cachotteries, offre un joli terrain de jeu pour un suspense policier.

Plaisir de lire, dont c’est déjà le septième volume dans sa nouvelle collection Frissons, annonce que Michael Kappeler reviendra, cette fois à Payerne. Plaisant cheminement.

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