Livre

Les mystères de l’Ouest de Peter Heller

Formidable conteur des grands espaces américains, l’écrivain naturaliste avait une mère d’exception. «Céline», son roman biographique, raconte à travers elle les méandres d’une Amérique mythique et redoutable

Il faut entendre Peter Heller parler de sa mère, Caroline Watkins, pour comprendre l’arrière-plan de Céline (Actes Sud), le roman biographique qu’il lui consacre, après sa disparition et la vente de l’appartement qu’elle occupait, au pied du pont de Brooklyn à New York.

Céline n’est pas pour rien le prénom de la traductrice française des livres de Heller, Céline Leroy. Il débute aussi par cette même lettre C que Caroline, prénom de sa mère défunte. Et il sonne surtout juste dans cette langue, le français, qui, fruit de l’histoire, était celle que cette femme d’exception adorait parler car elle l’avait appris à Paris, enfant, à l’orée de la Seconde Guerre mondiale. «Ma mère n’était pas une Américaine classique, raconte-t-il, dans le café du Quartier latin où il fait halte, en cette mi-février. Elle était une Européenne d’Amérique, une Française new-yorkaise. Son raisonnement était américain: rapide, pragmatique, en phase avec la nature. Mais son style et sa personnalité étaient européens: individualiste, coquette, subtile, cultivée, très «vieux monde»…»