Elle s’agite dans tous les sens, court, va, vole et galope, porte des brassées de robes chez le blanchisseur, achète des jus d’agave au bar santé, avant de filer à l’aéroport. Maggie Sherwoode est l’assistante personnelle de Grace Davis, une star du R&B. Ce n’est pas une sinécure. Moitié bonniche, moitié soutien psychologique, la jeune femme a des horaires continus et des journées de vingt heures auprès d’une patronne excentrique, autocentrée et tyrannique qui répète les mêmes succès depuis dix ans. L’esclave trouve toutefois le temps de cultiver son rêve de devenir productrice, mais il y a peu d’élus, surtout lorsqu’on est une femme. Dans sa chambrette en colocation, elle remixe les anciens succès de Grace. A l’épicerie bio du coin, elle rencontre David Cliff, joli garçon à la voix de velours et fan de Sam Cooke. Sensible à son charme, elle lui ment en affirmant qu’elle est productrice et commence à travailler avec lui.

Cerise feuilletonesque

Nouant deux courants ascendants, celui qui mène de l’anonymat à la gloire et celui qui conduit de l’obsolescence au retour en grâce, La Voix du succès (bravo pour le jeu de mots) présente un arc narratif approuvé par tous les logiciels d’écriture dramatique. C’est sans surprise que Maggie, finalement licenciée par Grace, tombe au fond du trou et en remonte parce qu’elle a cru à sa bonne étoile et qu’elle est extraordinairement douée malgré ses origines modestes, que David devient une star, que l’impétueuse Grace s’amende et retrouve l’inspiration. Pour faire bon poids, Nisha Ganatra, réalisatrice canadienne spécialisée en séries télé, pose sans vergogne au sommet de ce gâteau de sucess-story une audacieuse cerise feuilletonesque.